Marestaing

Le Moulin des Templiers


La Save, longue de 150 km, faisait vivre 50 moulins. Le moulin de Marestaing se composait d'un bâtiment, à simple rez-de-chaussée. Il mesurait à l'origine, en mètres : 12 x 9. En réalité le moulin existait peut-être avant l'arrivée des Templiers à Marestaing. Il est et restera leur propriété, puis celle des Ordres qui leur succéderont, jusqu'en 1793. A cette date, il appartient à l'ordre de Malte, il devient bien national et est vendu à Pierre Larribaut. Plus tard, Louis Delieux, de Monferran-Savès achète ce moulin historique. Le canal d'amenée d'eau pouvait être franchi par un pont, accolé au bâtiment. La construction de vannes en 1860, à l'extrémité de ce pont, l'a rendu pratiquement inutilisable. On a donc construit un nouveau pont en amont du moulin pour permettre le franchissement de la Save. On ajoutera un étage sur le moulin et sur le pont par adjonction d'arcades, pour créer un logement. Des écuries sont construites de l'autre côté du chemin.
En 1846, une turbine remplace la troisième des roues à aubes qui entraînent les paires de meules. Les deux autres roues à aubes seront déposées en 1970 et la turbine en 1980 Après le décès en 1884, du propriétaire, son fils Gustave André Delieux fait construire en 1907 une minoterie moderne qui fonctionnera jusqu'en 1930. Le dernier meunier, Louis Rombaut, exercera son art de 1923 à 1930. Sa fille Marie-Louise, naîtra en 1924 dans l'appartement situé au-dessus du moulin.
En 1909, monsieur Delieux ajoute deux turbines alimentant par engrenages en bois, deux alternateurs de 40 et 80 kWh qui produiront l'électricité. La roue dentée du plus puissant cassera en 1972 et ne sera pas réparée. Enfin en 1983, le deuxième engrenage cassera à son tour et arrêtera la production d'électricité après 74 ans de bons et loyaux services.
En 1934, Marcel Delieux succède à son père et il fait installer, en 1939, deux broyeurs utilisés pour briser des ajoncs destinés à l'alimentation du bétail et des pieds de bovins pour produire un assaisonnement pour salade ! On a aussi fabriqué des flocons d'avoine et du charbon de bois... en un mot toute sorte de produits utilisés pendant la guerre de 39-45. Après diverses vicissitudes : faillite de Marcel Delieux en 1939, achat par Louis Calvet qui revend en 1943 à René Laniel, le moulin est mis en sommeil en 1945. Un grand hangar est construit devant la minoterie en 1947 et René Laniel fait faillite en 1955.(*) Lors de la vente aux enchères du 4 décembre 1958, le syndicat des eaux de Monferran-Savès achète le moulin, installe une usine de pompage et de filtration et organise la distribution de l'eau potable dans un vaste secteur.
En 1962, deux pompes de 45 m3/h entrent en action. Le canton de Cologne adhère au syndicat en 1965 et une troisième pompe de 90 m3/h est installée en 1971. Ce qui permet de faire travailler les pompes en alternance. Les anciennes écuries, entièrement remaniées, deviennent logement, bureau et garage pour le siège social du "syndicat des eaux de la région Monferran-Savès-Cologne". En 1979, on augmente le volume de la production, pompage et filtration, afin de desservir un nouveau secteur : Lias et Pujaudran. La production passe alors de 90 à 200 m3/h et alimente 5.000 habitants en utilisant 400 km de canalisations.
Enfin en 1986 : - une micro-centrale électrique est installée à l'emplacement des premières vannes. La puissance varie de 50 à 150 kWh suivant le débit de la Save… lorsqu'elle fonctionne ! - les vannes extérieures qui ont donné lieu à tant de discussions et de polémiques, sont équipées d'une automatisation intégrale.
Depuis le 1er janvier 2000 le moulin est devenu la propriété du syndicat des Eaux Barousse Comminges Save et depuis le 17 avril 2001, l'alimentation du réseau d'eau potable n'est plus assurée par le moulin de Marestaing, elle provient de puisages en Haute-Barousse et arrive jusqu'ici par simple gravitation.
Quant à la micro centrale électrique, elle attend une autorisation de fonctionner...

Syndicat des Eaux Barousse Comminges Save

(*) Pour connaître les détails de cette faillite, on lira avec profit l'étude de M. Olivier Bondois, publiée dans "La Gazette Financière" de décembre 2003. Editions OLIBON - 73 rue Lemerchier - Amiens.

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